Industrie, défense, cyber : l’Europe face au retour de la puissance. C’est autour de cette question que Raphaël Glucksmann, député européen, Loïg Chesnais-Girard, président de la Région Bretagne, Vidal Teixeira, président de Seaber, et Stéphanie Ledoux, fondatrice et CEO d’Alcyconie, ont débattu lors du Forum Économique Breton 2026.
Dans un monde marqué par le durcissement des rapports de force géopolitiques, l’accélération technologique et la multiplication des dépendances stratégiques, une interrogation a traversé les échanges : comment redonner à la France et à l’Europe les moyens de leur puissance et de leur liberté d’action ?
Retrouver les moyens de la puissance européenne
Face au retour des logiques de puissance, Raphaël Glucksmann a défendu la nécessité de renforcer l’autonomie stratégique européenne et de réduire les dépendances qui fragilisent notre capacité collective à agir.
Une ambition qui dépasse la seule question militaire : elle interroge notre souveraineté industrielle, notre maîtrise des technologies critiques et notre capacité à défendre nos intérêts dans un environnement international de plus en plus concurrentiel.
Les échanges ont ainsi fait émerger un constat partagé : la puissance européenne ne pourra se construire sans une reprise en main de nos dépendances économiques, technologiques et stratégiques.
« Sans maîtrise, la puissance n’est rien »
C’est dans le prolongement de cette réflexion que Stéphanie Ledoux a défendu une conviction forte : la puissance n’a de sens que si elle s’accompagne d’une véritable maîtrise.
Maîtrise de nos technologies, de nos infrastructures, de nos dépendances, mais aussi de notre capacité à définir nos propres orientations stratégiques.
À l’heure où l’intelligence artificielle transforme profondément nos économies et nos sociétés, cette question prend une dimension nouvelle. La souveraineté ne consiste pas uniquement à disposer de capacités industrielles ou technologiques. Elle suppose de conserver la liberté de choisir, d’arbitrer et de décider.
L’autonomie cognitive, un enjeu démocratique
Au-delà des dépendances matérielles et technologiques, Stéphanie Ledoux a également appelé à prendre la mesure d’une autre forme de vulnérabilité : l’érosion de notre autonomie cognitive.
« C’est en protégeant notre capacité cognitive que nous allons, in fine, protéger notre démocratie. Si nous ne pensons plus, nous ne sommes plus une démocratie. »
Dans un environnement informationnel profondément transformé par l’intelligence artificielle, les stratégies d’influence et l’automatisation croissante des processus de décision, préserver notre capacité à penser par nous-mêmes devient un enjeu de souveraineté à part entière.
Car la dépendance la plus profonde n’est peut-être pas celle qui nous empêche d’agir, mais celle qui finit par nous priver de notre capacité à penser et à décider librement.
De la puissance à la résilience : préserver notre liberté d’action
Ces enjeux de maîtrise et d’autonomie trouvent un écho direct dans les défis auxquels sont confrontées les organisations.
Face aux crises cyber, numériques et hybrides, la résilience ne consiste pas seulement à absorber un choc ou à rétablir une activité. Elle repose aussi sur la capacité à anticiper les ruptures, à comprendre les interdépendances et à préserver les conditions d’une décision éclairée, même dans l’incertitude.
Une conviction au cœur de l’approche d’Alcyconie : préparer les organisations à l’incertitude pour leur permettre de conserver, y compris dans les situations les plus critiques, leur capacité à décider et à agir.
Ci-dessous, retrouvez en vidéo cette table ronde du Forum Économique Breton 2026, consacrée aux conditions d’une puissance européenne capable de défendre ses intérêts, de maîtriser ses dépendances et de préserver sa liberté d’action.
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